Par Clémentine Autain| 21 mars 2013

 

Antonio Gramsci avait fait une percée dans l’hexagone dans les années 1970. Le revoici à la mode, si l’on peut dire, de nouveau cité dans le champ politique et objet de publications. Pourtant, écrivent George Hoare et Nathan Sperber qui signent dans la collection repères des éditions la Découverte une introduction à son oeuvre, « la France est aujourd’hui l’un des pays

Par Clémentine Autain| 21 mars 2013

 

Antonio Gramsci avait fait une percée dans l’hexagone dans les années 1970. Le revoici à la mode, si l’on peut dire, de nouveau cité dans le champ politique et objet de publications. Pourtant, écrivent George Hoare et Nathan Sperber qui signent dans la collection repères des éditions la Découverte une introduction à son oeuvre, « la France est aujourd’hui l’un des pays occidentaux où la pensée gramscienne bénéficie du moins de visibilité ». Avec le développement des Subalterne Studies (« études subalternes ») ou des Cultural Studies (« études culturelles »), les anglo-saxons sont nettement plus inspirés par Gramsci. Journaliste et militant, l’homme alliait la pensée et l’action : il fut à la tête du Parti communiste italien dans les années 1920 puis arrêté et condamné à vingt ans de prison par le régime fasciste. « Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant vingt ans », aurait déclaré Mussolini. Ses fameux Cahiers de prison - une somme - représentent un apport substantiel à la pensée marxiste, notamment sur le plan stratégique. Guerre de mouvement/guerre de position, intellectuel organique, hégémonie culturelle, société civile : Gramsci a initié de nombreux concepts auxquels le recours de nos jours est parfois approximatif. Il faut dire que ses écrits, denses et compliqués par le besoin de masquer son propos dans le contexte de sa détention, sont assez difficiles d’accès. Aussi l’Introduction à Gramsci est-elle particulièrement bienvenue. Il manquait en français une synthèse aussi accessible. Dans le même temps, les éditions Rivages publie un court recueil de ses textes, sous ce titre : Pourquoi je hais l’indifférence. Un éloge de l’insoumission qui tranche avec l’appel à l’indignation tendance aujourd’hui.

George Hoare et Nathan Sperber, Introduction à Antonio Gramsci, La découverte, Collection repères, 125 pages, 9,50 euros.

Antonio Gramsci, Pourquoi je hais l’indifférence, Rivages poche, Petite bibliothèque, 205 pages, 8,65 euros.http://www.regards.fr/nos-selections/s-initier-a-gramsci,6390

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