« Gramsci et la question de l’idéologie », Yvan Cloutier

L'originalité de Gramsci réside dans sa formulation d'une définition neutre et extensive de l'idéologique — le champ idéologique comprend les représentations implicites et explicites, et ces représentations ne sont pas par définition déformantes, occultantes ni réactionnaires.

 

Le format table ronde vise davantage la problématisation que l'exposition scientifique, d'où la brièveté et le caractère « général » des interventions.

L'entreprise se complique lorsqu'il s'agit d'y aborder l'œuvre d'Antonio Gramsci ; cette œuvre est « asystématique », « instrumentalisée » politiquement dans l'histoire de son édition4 et par la diversité des lectures5, et une œuvre encore sous-analysée d'un point de vue scientifique. Toute entreprise d'élucidation d'un concept devient complexe : il faut isoler ce concept, c'est-à-dire « abstraire » (ici construire le concept d'idéologie en faisant abstraction du concept d'hégémonie) et toute intervention sur un concept risque d'entraîner une relecture des autres concepts connexes.

Quelle est la pertinence d'une lecture de Gramsci pour les fins de notre rencontre qui porte sur « Les formes philosophiques du marxisme et la théorie de l'idéologie » ?


L'œuvre gramscienne s'inscrit en rupture dans le marxisme non seulement en ce qui a trait aux thématisations philosophiques (critique du matérialisme dialectique, la gnoséologie, la langue, etc.) mais en particulier en ce qui concerne le statut même du philosophique et de l'idéologique.

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